Photo: Christian Fleury

Flash sur l'artiste peintre
Marie-Denise Douyon

Le nomadisme marque très tôt le parcours de cette artiste d'origine haïtienne qui dès l'âge de trois ans quitte Haïti, sa terre natale, en compagnie de sa famille. En 1964, fuyant le régime duvaliériste de Papa Doc et de ses tontons macoutes*, ses parents s'exilent vers l'Afrique du Nord et s'établissent avec leurs trois enfants à Médéa en Algérie. En 1966, la famille Douyon franchit la frontière Marocaine et s'installe à Casablanca où ils y resteront pendant une quinzaine d'années. L'enfance et l'adolescence privilégiée de la benjamine Marie-Denise entrecoupées de quelques escapades estivales au-delà du Détroit de Gibraltar, en Espagne s'écoulent paisiblement. Ses premières années bercées d'accents lancinants de l'orient s'articulent sur trois espaces ; univers marocain, éducation française et culture haïtienne. Cuisines et cultures variées où s'entremêlent sans heurts couscous et merguez, grillot** et riz et pois collés*** et entrecôte bordelaise meublent son quotidien et façonnent chez cette future peintre, le goût de la découverte des lieux et des êtres.

Après le secondaire, elle opte pour les arts plastiques et poursuit ses études en arts visuels au Fashion Institute of Technology de New York d'où elle sort lauréate de sa promotion en 1987.

Au lendemain de la chute de Baby Doc et du duvaliérisme en 1986, elle rejoint sa mère et sa sÏur établies récemment à Port-au-Prince et découvre une Haïti bouillonnante d'espoir et en pleine euphorie.

Émigrée à Montréal où elle vit et travaille depuis 1991, son parcours artistique est marqué par la migrance et par l'expression d'une identité qui puise désormais à même les racines de sa patrie d'origine et de sa terre d'accueil.

*Papa Doc et de ses tontons macoutes : François Duvalier président d'un régime dictatorial en Haïti de 1957 à 1971 forme la redoutable police parallèle surnommée les tontons macoutes. Il s'accapare définitivement du pouvoir en juin 1964 en se faisant proclamer « président à vie » et nomme son fils Jean-Claude comme successeur avant de mourir en 1971.

** Grillot : Porc grillé, plat typique de la cuisine haïtienne

*** Riz et pois collés : Plat national haïtien à base de ris et de haricots rouges.

 
 
 
   

© 2005 Marie Denise Douyon

 

 

 

 

Y'a rien icitte, vous êtes ben curieux, vous!!!