| L'exil intérieur
C'est une jeune
femme aux rêves brisés qui débarque d'Haïti
à Montréal en 1991. La peinture devient un exutoire
pour exorciser ses démons. La palette constituée
de pastels aux couleurs vives est utilisée en lavis.
Le dessin prédomine nettement.
Naissent
alors des images teintées de détresse et de
nostalgie, de tristesse et d'angoisse, qui évoquent
solitude et dérive. Le style figuratif exprimé
sur des oeuvres de dimensions généreuses fait
une place de choix aux femmes. Elle peint et repeint inlassablement
ces femmes de condition modeste (les poto mitan* de la société
créole), malmenées par la vie, mais faisant
face avec courage et fierté.
Son travail, empreint de spontanéité
et d'improvisation, traduit une sorte de révélation
inconsciente. Dans une quête obstinée de la résonance
émotionnelle, l'artiste semble pénétrer
la vie secrète de son modèle et laisse entrevoir
la douleur muette de la réclusion.
* Pilier central de la case
créole
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