Calebasses 2003

Femme àgbo*
Calebasse et métal découpé
85 cm x 30 cm

Une femme àgbo tombe enceinte et se regarde le bas-ventre. Voilà une histoire qui donne le «haut le coeur.» Cette nouvelle est étonnante.

Qui portait le nom d'àgbo? Ordinairement, le nom d'àgbo était attribué à une catégorie de femmes maintenues célibataires et gardées comme amazones dans une enceinte appropriée. Pourquoi étaient-elles désignées sous ce titre? Le titre d'àgbo signifiant buffle ou bélier leur revenait à cause de leur physique très robuste et de leur audace qui leur permettaient en temps de guerre des exploits particuliers. En effet, elles agissaient comme des àgbo béliers. Certains disent que cette dénomination d'àgbo embrassait certaines reines (devenues veuves ou non) très braves comme de vaillantes amazones. Et même, on va jusqu'à ajouter que les hommes recrutés et rendus eunuques pour garder les reines et les amazones s'appelaient de ce même nom. Car, en plus de l'encadrement qu'ils doivent assurer, ces eunuques étaient mis, eux-aussi, au nombre de soldats en temps de guerre. Mais malgré les précautions du roi pour préserver les amazones contre d'éventuelles grossesses, certains eunuques mal castrés (il leur restait parfois un testicule) ou certains princes - du moins des familiers du palais royal - réussissaient à coucher avec quelques-unes d'entres elles. En témoignent des proverbes qui citent comme celui-ci, le nom àgbo comme personnage. En témoigne également le chant qui sert à honorer le vodun Nésuxwé.

Tiré du livre Proverbes de la sagesse Fon par Pamphile Boco, AFC Multiservices.

 



5
   

© 2005 Marie Denise Douyon

 

 

 

 

Y'a rien icitte, vous êtes ben curieux, vous!!!